Origines
Au milieu du XIXe siècle, le Smous vivait dans les écuries néerlandaises, où il suivait les attelages et chassait les rats. Son origine exacte n’est pas établie, mais l’ancien Schnauzer jaune est considéré comme l’un des chiens qui ont contribué à sa création. Un marchand d’Amsterdam le vendait comme chien d’écurie de maître. Le nom Smous, qui évoque une barbe rude, sert à le distinguer du Griffon bruxellois.
Un club de race est fondé en 1905, mais la race disparaît presque pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1973, des éleveurs, à l’initiative de Riek Barkman, la reconstituent à partir des rares chiens restants, avec des apports d’autres races dont le Border Terrier. Le Hollandse Smoushond Club défend la race depuis 1978 et la FCI l’accepte définitivement en 1981. Elle reste classée comme menacée aux Pays-Bas.
Caractéristiques physiques
Le Smous est un petit chien trapu, à la silhouette presque carrée. Le standard FCI indique une hauteur au garrot d’environ 37 à 42 cm pour les mâles et 35 à 40 cm pour les femelles, pour un poids de 7 à 11 kg. Le crâne est large, la tête courte, les oreilles tombantes attachées haut. La queue, naturellement plutôt courte, ne dépasse pas le jarret et se porte gaiement sans s’enrouler. Toute modification chirurgicale est un défaut d’exclusion.
Son poil est sa signature : rude, de type fil de fer, droit et hirsute, long d’environ 4 à 7 cm, avec un sous-poil suffisant. La tête porte moustaches, barbe et sourcils. Une seule couleur est admise, le jaune uni dans toutes ses nuances, avec une préférence pour le paille foncé. Les oreilles et la barbe peuvent être un peu plus foncées.
Caractère
Le standard le décrit comme affectueux, joyeux, amical et décontracté, énergique sans être hyperactif, ni peureux ni craintif. Le LICG, centre néerlandais d’information sur les animaux de compagnie, ajoute qu’il est sensible, intelligent et stable. Il est sociable avec les inconnus, les autres chiens et souvent avec les chats. Il aboie peu mais annonce les visiteurs.
Avec les enfants, il s’entend bien s’ils respectent ses moments de calme, et un adulte doit toujours rester présent. Son ancien rôle de ratier peut ressurgir face aux petits animaux. Très attaché à sa famille, il supporte mal la solitude : c’est un chien qui aime partager la vie de la maison. Sa taille et son tempérament équilibré en font un bon compagnon en ville comme à la campagne.
Santé
Le Smous est une race plutôt saine. Selon le LICG, une étude de l’université d’Utrecht n’a relevé aucune maladie héréditaire exigeant une attention particulière, et le programme d’élevage néerlandais écarte de la reproduction les chiens atteints. Un rapport de l’université de Wageningen cite toutefois deux points suivis par les éleveurs : les allergies et la luxation de la rotule. Hundeo évoque aussi, plus largement, des problèmes articulaires et oculaires occasionnels.
La race a été reconstruite à partir de très peu de chiens, ce qui rend la gestion de la consanguinité importante. Le même rapport la juge modérée aujourd’hui. L’espérance de vie est bonne : environ 13 ans en moyenne selon le LICG, avec une fourchette habituelle de 12 à 15 ans, et certains sujets vivent bien plus longtemps.
Entretien et toilettage
Le poil du Smous demande un entretien particulier. Le LICG explique que le poil idéal s’épile à la main deux fois par an, quand il est mûr. L’opération prend plusieurs heures et peut être confiée à un toiletteur ou apprise auprès de l’éleveur. Une première épilation retire le poil de chiot vers 3 mois, puis une autre vers 6 à 8 mois. Entre deux épilations, inutile de le brosser : vérifiez seulement les nœuds sous les aisselles et sous la queue. Certains chiens ont un poil plus doux qui s’emmêle et doit être peigné.
Côté activité, ses besoins sont moyens à élevés. Il aime les longues promenades, la nage et les jeux de balle, et peut pratiquer l’agility, le flyball, le pistage ou l’obéissance.
Éducation
Le Smous est relativement facile à éduquer et apprend vite, à condition que les séances restent ludiques et variées. Il est sensible au ton de la voix, la dureté est donc à proscrire. Récompensez les bons comportements, ignorez ou prévenez les mauvais, et fixez des règles claires appliquées par toute la famille.
La socialisation doit commencer chez l’éleveur et se poursuivre au moins toute la première année : rencontres variées, bruits de la ville, transports. Comme il supporte mal la solitude, habituez-le dès le plus jeune âge à rester seul, par absences très courtes puis progressivement plus longues. Le LICG recommande un cours pour chiots, puis un cours de suivi pendant la puberté, période où les acquis se fragilisent souvent.