Origines
Le Clumber spaniel doit son nom à Clumber Park, dans le Nottinghamshire, domaine du duc de Newcastle. Selon le standard FCI, la race serait venue de France il y a plus de deux cents ans. Une théorie veut que le duc de Noailles ait confié ses épagneuls au duc de Newcastle pendant la Révolution française, une autre qu’il descende d’un ancien type d’épagneul, le Blenheim spaniel. Le garde-chasse du duc, William Mansell, est réputé avoir fixé et amélioré la race.
Longtemps réservé à l’aristocratie, il a eu des admirateurs royaux : le prince Albert, puis son fils Édouard VII, qui en élevait à Sandringham. Présenté en exposition en Angleterre dès 1859, il fait partie des dix premières races reconnues par l’American Kennel Club en 1884. Ses effectifs ont chuté pendant la Première Guerre mondiale. Il reste rare : le Kennel Club le classe parmi les races natives vulnérables, et zooplus évoque une vingtaine de naissances par an en France.
Caractéristiques physiques
Le Clumber est un chien bien proportionné, à forte ossature, qui dégage une impression de puissance avec une expression pensive. C’est le plus grand des épagneuls anglais, avec une ossature lourde. Le standard FCI fixe le poids à 29,5 à 34 kg pour les mâles et 25 à 29,5 kg pour les femelles, sans indiquer de taille au garrot. Les sources consultées donnent environ 43 à 51 cm. Le standard précise que la race s’est alourdie depuis les années 1950 et que ce poids ne doit pas fragiliser les membres postérieurs.
Sa robe est abondante, serrée, soyeuse et droite, avec des franges sur les membres et la poitrine. Le blanc à marques citron est préféré, l’orange est admis, et de légères marques sur la tête ainsi que des taches de son sur le museau sont acceptées. Le standard demande des yeux sans entropion. Il doit rester en bonne condition, capable de chasser toute une journée.
Caractère
Le standard le décrit comme stoïque et généreux, très intelligent et déterminé, stable, sûr, doux et digne. Il est plus distant que les autres épagneuls, mais sans aucune tendance à l’agressivité. À la maison, c’est un chien calme, patient et placide, qui s’entend bien avec les enfants et garde son sang-froid dans une ambiance animée. Il aime se prélasser, manger et dormir, mais apprécie surtout d’être près de son maître.
Avec les inconnus et les chiens qu’il ne connaît pas, il reste réservé au début. Il aboie rarement, ce qui en fait un meilleur compagnon qu’un chien de garde. Un trait typique : il adore porter des objets dans la gueule, au point d’en avaler parfois, ce qui peut poser des problèmes de santé. Rangez chaussettes et petits jouets. À la chasse, il travaille en silence, plus lentement que les autres épagneuls, avec un excellent odorat et une belle endurance.
Santé
La principale fragilité du Clumber tient à sa morphologie lourde. La dysplasie de la hanche est très présente : une enquête de l’Orthopedic Foundation for Animals a relevé 45,7 % de chiens atteints parmi ceux testés. Les hernies discales et les anomalies des paupières, entropion et ectropion, figurent aussi parmi les problèmes sérieux les plus courants. Entre 6 et 12 mois, une boiterie passagère liée à la croissance rapide des os est fréquente et disparaît généralement à la fin de la croissance.
On signale aussi des engorgements des glandes anales, une sensibilité à la chaleur et à la déshydratation, des difficultés de reproduction avec parfois des césariennes, et une possible sensibilité à l’anesthésie, à signaler à votre vétérinaire. Le surpoids aggrave les troubles articulaires : c’est le premier risque à maîtriser. Demandez à l’éleveur les tests de santé des reproducteurs. Une étude britannique de 2024 lui attribue une espérance de vie de 12,3 ans.
Entretien et toilettage
Sa robe dense et soyeuse demande un brossage environ tous les deux jours, et un brossage quotidien pendant la mue, car il perd ses poils de façon moyenne. Ses longues oreilles tombantes doivent être surveillées et nettoyées régulièrement, car elles sont exposées aux inflammations et aux parasites. Nettoyez ses yeux si besoin, contrôlez la longueur des griffes et brossez-lui les dents.
Côté activité, le Clumber n’a pas les besoins d’un springer, mais il lui faut une sortie quotidienne et des balades en nature par tous les temps. Les jeux de flair et le pistage, comme le mantrailing, l’occupent très bien. Par temps chaud, prévoyez de l’ombre et de l’eau et décalez les sorties aux heures fraîches. Surveillez sa ligne de près : un Clumber trop gros souffre vite des hanches et du dos.
Éducation
Intelligent et attaché à son maître, le Clumber apprend facilement et aime travailler en équipe. Il peut toutefois être indépendant et un peu têtu, et il profite vite de la moindre incohérence. Des règles claires, appliquées par toute la famille, et une méthode douce et bienveillante donnent les meilleurs résultats. Les récompenses et le jeu fonctionnent bien mieux que la contrainte avec ce chien sensible.
Commencez tôt, avec des cours pour chiots puis une éducation suivie. Socialisez-le avec d’autres chiens pour limiter sa réserve naturelle. Comme il adore porter des objets, apprenez-lui très tôt à donner et à lâcher en échange d’une récompense : c’est utile pour éviter qu’il avale ce qu’il ramasse. Le rapport d’objets, le travail de flair et le clicker training sont d’excellentes façons de stimuler son esprit sans fatiguer ses articulations. Pour la chasse, le travail doit lui aussi commencer jeune.