Origines
Le Tornjak, ou Berger de Bosnie-Herzégovine et de Croatie, est le chien de protection des troupeaux des montagnes dinariques. Son nom vient du mot tor, qui désigne l’enclos à moutons. Des chiens semblables sont décrits dès le XIe siècle, puis dans les écrits de Pierre Horvat, évêque de Đakovo, en 1374. Il accompagnait les bergers valaques dans leurs transhumances en Bosnie médiévale.
Avec la fin du pastoralisme nomade, ses effectifs ont fortement diminué jusqu’à frôler la disparition au milieu du XXe siècle. Au début des années 1970, des cynologues ont commencé à rassembler les chiens correspondant aux descriptions anciennes, et l’élevage en race pure a débuté en 1978. La FCI l’a reconnu à titre provisoire en 2007, puis à titre définitif en 2017. En France, il reste très rare : 4 inscriptions au LOF en 2011 et 20 en 2012.
Caractéristiques physiques
C’est un grand molossoïde de type montagne, imposant mais harmonieux. Le standard FCI fixe la taille à 65 à 70 cm au garrot pour le mâle et 60 à 65 cm pour la femelle, avec une tolérance de 2 cm. Il ne précise pas de poids, mais zooplus indique environ 50 kg pour un mâle et 35 kg pour une femelle.
Le poil est long, épais, rude et droit, avec un sous-poil dense en hiver. Il reste court sur le museau, le front, les oreilles et les membres, et forme une crinière autour du cou, une culotte sur les cuisses et un panache sur la queue. La robe est en général blanche avec des marques de couleur nettes, parfois presque blanche ou au contraire noire avec des marques blanches. Les chiens unicolores sont exclus. Ces taches aidaient les bergers à distinguer leurs chiens des moutons et des loups.
Caractère
Le standard le décrit comme calme, amical, courageux, obéissant et intelligent, plein de dignité et sûr de lui. Adulte, il paraît paisible, presque indifférent, mais il se transforme en gardien vigilant dès qu’une situation l’exige. Méfiant envers les étrangers, il n’est pas pour autant agressif sans raison, et il sait se montrer décidé s’il est provoqué.
Avec sa famille, il est très affectueux et doux. Il peut cohabiter avec d’autres animaux s’il a été bien socialisé, mais il peut chercher à s’imposer face aux chiens qu’il ne connaît pas. Selon un dicton des bergers, un Tornjak qui garde le troupeau vaut bien deux loups : son instinct de protection est profondément ancré.
Santé
Zooplus le présente comme une race primitive et très saine. Les principaux points de vigilance sont articulaires, avec en tête la dysplasie de la hanche. Wikipédia précise que monter et descendre des escaliers pendant les six premiers mois peut abîmer les jarrets ou favoriser la dysplasie : limitez-les pendant la croissance. Zooplus cite aussi diverses maladies oculaires.
Le Tornjak a tendance à prendre du poids, ce qui aggrave les problèmes articulaires. Dosez soigneusement ses rations et maintenez une activité régulière. Choisissez un éleveur qui radiographie les hanches de ses reproducteurs. Son espérance de vie est estimée entre 10 et 14 ans selon les sources.
Entretien et toilettage
Malgré sa fourrure abondante, son entretien reste raisonnable. Un brossage une à deux fois par semaine suffit en temps normal, plus souvent pendant les mues, pour éviter les nœuds dans la crinière et la culotte. Inutile de le tondre, et les bains doivent rester exceptionnels. Vérifiez régulièrement les pattes, les griffes, les yeux et les oreilles.
Le Tornjak n’est pas fait pour la vie en appartement. Il s’épanouit avec un grand jardin bien clôturé, idéalement à la campagne, et une famille présente. De bonnes promenades quotidiennes et un territoire à surveiller répondent à ses besoins.
Éducation
Le Tornjak apprend vite et retient durablement ce qu’on lui enseigne, grâce à une excellente mémoire. Il peut toutefois se montrer têtu et évalue les situations par lui-même plutôt que d’obéir aveuglément. Il lui faut beaucoup de patience, de la constance et une approche affectueuse, avec des récompenses et des règles claires.
La socialisation est la priorité absolue. Wikipédia insiste sur son importance avant l’âge d’environ 9 mois : présentez-lui des personnes, des chiens et des environnements variés, toujours de façon positive. Il est déconseillé comme premier chien, et l’aide d’un éducateur habitué aux chiens de protection est précieuse.