Origines
Le Lévrier hongrois, ou Magyar agár, est une race de chasse très ancienne. Le standard FCI rattache son origine à la conquête du bassin des Carpates par les Magyars, au IXe et au Xe siècle, ce que confirment des crânes retrouvés lors de fouilles. Longtemps, ce fut le chien des paysans et des fermiers, qui l’utilisaient pour chasser le lièvre à vue, et pas seulement celui de la noblesse. Au XIXe siècle, il a été croisé avec le Greyhound pour gagner en vitesse.
Les deux guerres mondiales et l’interdiction de la chasse à vue au lièvre en Hongrie, en 1944, ont failli le faire disparaître. Des passionnés l’ont reconstitué à partir de chiens de fermes isolées, sélectionnés pour la chasse et la garde. La FCI l’a reconnu à titre définitif en 1963 et le classe dans le groupe 10, section 3, lévriers à poil court. Le premier Magyar agár français date de 1984.
Caractéristiques physiques
C’est un lévrier puissant et élégant, à l’ossature plus solide et à la musculature plus marquée que le Greyhound. Le corps est un peu plus long que haut. La tête est en coin, avec un museau assez court et des mâchoires puissantes. Les yeux sont foncés et les oreilles, assez lourdes, se replient en rose. La queue est forte, légèrement recourbée et atteint le jarret.
Le standard FCI fixe une hauteur idéale de 65 à 70 cm pour les mâles et de 62 à 67 cm pour les femelles, en précisant que l’harmonie compte plus que la mesure. Il ne donne pas de poids, les sources citant environ 22 à 31 kg. Le poil est court, serré, dur et bien couché, avec un sous-poil épais qui peut pousser en hiver. Toutes les couleurs des lévriers sont admises, sauf le bleu, le brun, le louvet, le noir et feu et le tricolore.
Caractère
Le standard décrit un chien infatigable, persévérant et rapide, un peu réservé sans être craintif, éveillé, intelligent et fidèle. Il n’est ni agressif ni mordant, mais il protège ses maîtres et leurs biens : son instinct de garde est plus marqué que chez la plupart des lévriers. Il est très dévoué à sa famille et méfiant envers les inconnus, sans agressivité.
À la maison, il dort une bonne partie de la journée et se montre calme. Il reste joueur même adulte et aime souvent l’eau. Il s’entend en général bien avec les enfants et les autres chiens. Son instinct de poursuite est fort en revanche : les chats et les petits animaux peuvent déclencher une course, et les présentations doivent se faire avec beaucoup de précautions. Jeune, il supporte mal la solitude.
Santé
Le Lévrier hongrois est réputé rustique et en bonne santé. Une étude génétique de l’université de Californie à Davis a même relevé une diversité génétique élevée et peu de consanguinité dans la race. Quelques affections sont toutefois signalées : l’hypothyroïdie, souvent vers 2 ou 3 ans et plus fréquente chez les femelles, l’épilepsie, plus rarement l’atrophie progressive de la rétine, la dysplasie de la hanche et du coude, l’entropion ou l’ectropion, et la torsion d’estomac.
Comme d’autres lévriers, il peut être sensible à certains médicaments, notamment en anesthésie : signalez sa race au vétérinaire. Évitez l’effort juste avant et après les repas. Son espérance de vie est bonne, de 12 à 14 ans.
Entretien et toilettage
Son poil court se contente d’un brossage occasionnel, et il perd peu de poils. Grâce à son sous-poil d’hiver, il supporte mieux le froid que d’autres lévriers à poil court et n’a généralement pas besoin de manteau. Gardez ses griffes courtes. Habituez-le tôt à être manipulé : gueule, oreilles, pattes et coussinets, ce qui facilite les soins et les visites chez le vétérinaire. Vérifiez son corps après les sorties pour repérer tiques et petites blessures.
Il dort beaucoup, mais il a besoin d’exercice chaque jour : longues promenades, course libre en terrain clos ou trot à côté d’un vélo. Il n’est en général pas fou de la balle. Il peut vivre en appartement s’il sort plusieurs fois par jour. Pour courir en sécurité, pensez au coursing, aux courses sur cynodrome ou à l’agility.
Éducation
Intelligent et attentif, le Lévrier hongrois apprend vite et se montre assez facile à éduquer pour un lévrier. Il est sensible : misez sur le renforcement positif, des séances ludiques et une voix calme. La propreté s’acquiert en général facilement. Sa réserve envers les inconnus rend la socialisation précoce indispensable, pour qu’elle ne se transforme pas en méfiance excessive.
Son instinct de garde se canalise en le récompensant quand il reste calme après avoir donné l’alerte. Le rappel demande un travail patient, sans jamais être tenu pour acquis face à un lièvre ou un chat. Hors des espaces clos, gardez-le en laisse ou en longe. Si vous avez un chat, l’habituer dès le plus jeune âge et sous surveillance est la meilleure chance d’une cohabitation sereine.
Vos questions sur le Lévrier hongrois (Magyar agár)
Le Lévrier hongrois est-il un bon chien de garde ?
Plutôt oui, pour un lévrier. Le standard lui reconnaît un instinct de garde développé : il signale et protège ses maîtres, sans être agressif ni mordant.
Quelle différence avec le Greyhound ?
Le Lévrier hongrois a été croisé avec le Greyhound au XIXe siècle, mais il est plus robuste, avec une ossature plus forte, une tête plus courte et un poil qui s’épaissit en hiver. Il est moins rapide en sprint mais très endurant sur la distance.
A-t-il besoin d’un manteau en hiver ?
En général non. Contrairement à beaucoup de lévriers à poil court, il développe un sous-poil épais en hiver et supporte bien les basses températures.
Peut-il vivre avec un chat ?
C’est possible mais délicat. Son instinct de poursuite est fort. Une cohabitation réussit surtout si le chiot grandit avec le chat et si les présentations se font avec patience et surveillance.
Est-ce une race en bonne santé ?
Globalement oui. Une étude génétique a relevé une bonne diversité dans la race. Il faut tout de même surveiller l’hypothyroïdie et l’épilepsie, et choisir un éleveur qui fait examiner les yeux et les hanches de ses reproducteurs.