Origines
Le Lundehund, ou chien norvégien de macareux, a été sélectionné pour chasser les macareux et récolter leurs œufs dans les nids creusés au fond des falaises et des grottes de la côte norvégienne. Le premier écrit connu qui le décrit date de 1591, lors de la visite d’un bailli sur l’île de Værøy. Quand la chasse au filet et une taxe sur les chiens sont apparues, son utilité a décliné, et vers 1900 on ne le trouvait plus que dans le village isolé de Måstad, aux Lofoten.
La race a frôlé l’extinction à plusieurs reprises. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la maladie de Carré a décimé les chiens de Værøy. Eleanor Christie et des habitants de l’île ont alors mené un long travail de sauvegarde. Une nouvelle épidémie, en 1963, n’a laissé que six survivants, à l’origine de presque toute la population actuelle. La FCI a reconnu la race en 1965. On compte aujourd’hui environ 1 500 chiens dans le monde, dont environ 900 en Norvège. Les macareux étant désormais protégés, il ne chasse plus.
Caractéristiques physiques
C’est un petit spitz rectangulaire et léger. Le standard FCI fixe une taille de 35 à 38 cm pour les mâles, pour un poids d’environ 7 kg, et de 32 à 35 cm pour les femelles, pour environ 6 kg. Le poil est dense et dru, avec un sous-poil doux. La robe associe toujours le blanc à une couleur allant du roux au fauve, souvent parsemée de poils à pointe noire, ou bien un fond blanc avec des taches foncées.
Son anatomie est unique dans le monde canin. Chaque pied compte au moins six doigts : aux antérieurs, cinq touchent le sol. Ses membres antérieurs sont d’une flexibilité étonnante, et son cou peut se courber vers l’arrière jusqu’à toucher le dos. Il peut fermer ses oreilles dressées en repliant le pavillon. Ces particularités l’aidaient à escalader des rochers presque verticaux et à se faufiler dans d’étroites galeries.
Caractère
Le standard le décrit comme éveillé, énergique et vif. À la maison, c’est un chien affectueux et joueur, très attaché à sa famille, au point de pouvoir souffrir de l’absence de ses maîtres. Il est réservé avec les inconnus, peut aboyer en leur présence, mais n’est pas agressif. Intelligent et curieux, il garde un côté indépendant et parfois têtu.
Il s’entend en général bien avec les autres chiens et animaux, à une exception près, logique vu son histoire : les oiseaux. Son instinct de chasse peut aussi le pousser à suivre une piste en promenade. Avec les enfants, tout dépend de la socialisation : plusieurs sources le jugent moins adapté aux familles avec de très jeunes enfants. C’est surtout un compagnon pour une famille calme et attentive, prête à composer avec ses particularités.
Santé
La santé est le point sensible de la race, conséquence du goulot d’étranglement génétique. Le Lundehund est prédisposé à une maladie digestive grave, souvent appelée « syndrome du Lundehund » : une lymphangiectasie intestinale avec perte de protéines (entéropathie exsudative). Elle provoque des diarrhées intermittentes, des vomissements, un amaigrissement et parfois une ascite. Elle ne se guérit pas mais se gère, souvent par une alimentation pauvre en graisses et plus riche en protéines. Selon une étude citée par Wikipédia, elle explique 30 % des décès avant 11 ans. Les chiens atteints sont aussi prédisposés à la gastrite atrophique chronique et aux tumeurs de l’estomac.
On signale aussi un risque de luxation de la rotule et une mauvaise tolérance à la chaleur. Pour élargir la base génétique, le club norvégien mène un programme de croisement avec le Buhund norvégien, le Berger islandais et le Spitz de Norrbotten. L’espérance de vie annoncée est de 12 à 15 ans.
Entretien et toilettage
Son poil court et rêche demande peu de travail : un brossage par semaine, tous les jours pendant les mues de printemps et d’automne. Les bains sont rarement nécessaires. Vérifiez régulièrement dents, yeux et oreilles, et coupez les griffes au besoin, sans oublier ses doigts supplémentaires.
L’alimentation mérite plus d’attention que chez la plupart des chiens. Il a tendance à grossir, et certains individus sont sensibles à certains ingrédients. Discutez du menu avec votre vétérinaire et surveillez ses selles : un changement durable doit amener une consultation. Côté activité, comptez environ une heure de promenade et de jeux par jour, davantage s’il est très sportif. Il peut vivre en appartement si ses besoins sont satisfaits, mais un espace extérieur bien clos est idéal. Une longe est conseillée en promenade, car son instinct de chasse rend le rappel incertain.
Éducation
Le Lundehund est intelligent mais sensible. Le renforcement positif fonctionne bien mieux avec lui que les méthodes traditionnelles. Il faut des règles cohérentes entre tous les membres de la famille, beaucoup de patience et des séances variées, car il est indépendant et peut se montrer têtu. Ce n’est pas la race la plus conseillée pour un premier chien.
La propreté est un chantier connu : chez le chiot, elle peut être longue à acquérir. Sortez-le très souvent, après chaque repas, sieste ou jeu, récompensez chaque réussite dehors et ne le grondez jamais pour un accident. La socialisation précoce avec des personnes, des chiens et des lieux variés limitera sa réserve envers les inconnus. Pensez aussi à l’habituer progressivement à rester seul, car il est très attaché à ses maîtres.