Origines
Le Bouvier de l’Entlebuch vient de la vallée de l’Entlebuch, entre les cantons suisses de Lucerne et de Berne. C’est le plus petit des quatre bouviers suisses, aux côtés du Bouvier bernois, du Grand bouvier suisse et du Bouvier appenzellois. Chien de ferme, il conduisait le bétail, gardait les troupeaux et surveillait la propriété des paysans de montagne.
Il est décrit pour la première fois en 1889 sous le nom d’Entlibucherhund. En 1913, quatre chiens à queue courte sont présentés au cynologue Albert Heim et inscrits au livre des origines suisse. La Première Guerre mondiale freine ensuite l’élevage. Le club de race est fondé en 1926. L’année suivante, seize chiens du type sont recensés et le premier standard est rédigé. La race s’est ensuite développée lentement. Elle reste relativement rare et se rencontre surtout en Suisse, en Allemagne et en Autriche. L’AKC américain ne l’a acceptée qu’en 2010.
Caractéristiques physiques
C’est un chien de taille moyenne, un peu plus long que haut, compact et musclé, très agile. Le standard FCI fixe une hauteur au garrot de 44 à 50 cm pour le mâle et de 42 à 48 cm pour la femelle, avec une tolérance jusqu’à 52 cm et 50 cm. Le standard n’indique pas de poids, mais les sources le situent autour de 20 à 30 kg.
Le poil est double : un poil de couverture court, serré, dur et brillant, et un sous-poil dense, gris foncé à brunâtre. Une légère ondulation est tolérée. La robe est tricolore : fond noir, marques feu au dessus des yeux, sur les joues, le museau, la gorge, la poitrine et les membres, et marques blanches symétriques, avec une liste étroite sur la tête, une bande du menton au poitrail et les quatre pieds blancs. La queue est soit de longueur naturelle, soit courte de naissance. Le standard considère les deux comme équivalentes.
Caractère
Le standard le décrit comme vif, sûr de lui et sans crainte, doux et fidèle avec les personnes qu’il connaît, un peu méfiant envers les étrangers et gardien incorruptible. Il est aussi gai et prompt à réagir. En famille, c’est un chien très attaché aux siens, qui aime être au cœur de la vie de la maison. Il signale systématiquement toute arrivée inconnue, ce qui en fait un excellent chien d’alerte.
Avec les enfants, il est généralement patient et joueur, mais son énergie peut renverser les plus petits. Son instinct de bouvier peut aussi le pousser à vouloir rassembler les enfants qui courent. Il faut donc lui apprendre les règles du jeu et encadrer les moments partagés. Il fugue peu mais protège volontiers son territoire. Sans occupation, sa vigilance peut se transformer en aboiements à répétition. C’est un chien de travail, pas un chien de canapé.
Santé
Le Bouvier de l’Entlebuch est un chien plutôt robuste, mais la race est issue d’un petit nombre de fondateurs, ce qui a favorisé certaines maladies héréditaires. La dysplasie de la hanche est le défaut congénital le plus fréquent selon Wikipédia. L’atrophie progressive de la rétine (APR), qui mène à la cécité, est également présente dans la race, de même que le glaucome.
Zooplus recommande que les reproducteurs soient contrôlés pour la dysplasie de la hanche et du coude, l’ostéochondrose, les maladies oculaires comme la cataracte, l’APR ou l’entropion, la luxation de la rotule, et qu’ils passent une échographie du cœur et des reins. Demandez ces résultats à l’éleveur avant de réserver un chiot. Pendant la croissance, évitez un excès de protéines et les efforts trop intenses pour ménager ses articulations. Son espérance de vie se situe autour de 11 à 13 ans.
Entretien et toilettage
Son poil court est très facile à vivre. En temps normal, un brossage de temps en temps suffit à retirer les poils morts. Pendant la mue, la perte de poils est plus marquée : un peigne à double rangée de dents métalliques ou une brosse adaptée vous aidera à retirer le sous-poil. Le reste des soins est classique : oreilles, griffes et dents à vérifier régulièrement.
Ses besoins d’exercice, en revanche, sont importants. Comptez au moins une heure et demie de sortie par jour, avec des jeux et des activités qui sollicitent sa tête. Il excelle en agility, en canicross, en pistage, au frisbee ou en obéissance. Il peut vivre en ville s’il se dépense suffisamment, mais il préfère une maison avec un jardin. Il ne doit pas vivre au chenil : il a besoin de partager la vie de sa famille, à l’intérieur.
Éducation
Intelligent, ardent et rapide à apprendre, le Bouvier de l’Entlebuch se prête bien à l’éducation, à condition d’être cohérent. Il peut se montrer têtu, surtout si les règles changent d’un jour à l’autre. Une éducation positive, faite de récompenses, de jeux et de séances courtes, donne de bien meilleurs résultats que la contrainte.
La socialisation est essentielle pour canaliser son instinct de garde. Dès son plus jeune âge, faites-lui rencontrer de nombreuses personnes, d’autres chiens et des situations variées, toujours dans de bonnes conditions. Apprenez-lui tôt à rester calme quand quelqu’un sonne et à ne pas courir après les enfants. Donnez-lui des missions : rapporter, chercher des objets, apprendre de nouveaux tours. Ce chien est plus serein quand il a un travail. Pour un premier chien, l’aide d’un éducateur canin est un vrai plus.