Origines
Le Norwich terrier vient d’East Anglia, à l’est de l’Angleterre. Selon le standard FCI, il descend, comme le Norfolk terrier, de chiens de ferme de la région issus de croisements entre Glen of Imaal, Cairn terrier roux et Dandie Dinmont. Dans les années 1880, des étudiants de Cambridge appréciaient déjà ces petits terriers roux comme chasseurs de rats et compagnons. On les utilisait contre les rongeurs, et aussi pour déloger renards et blaireaux.
Au début du XXe siècle, Frank Jones, piqueux de l’équipage de Norwich, en élève et en vend, au point qu’aux États-Unis on les appelle Jones terriers. Le Kennel Club britannique enregistre la race en 1932. Pendant plus de trente ans, chiens à oreilles dressées et à oreilles tombantes cohabitent sous le même nom, jusqu’à leur séparation en 1964 : les oreilles tombantes deviennent le Norfolk terrier. La race reste rare, et le Kennel Club la classe parmi ses races vulnérables, avec moins de 300 naissances par an au Royaume-Uni.
Caractéristiques physiques
Le Norwich terrier compte parmi les plus petits terriers de travail. Le standard FCI fixe une hauteur idéale de 25 cm au garrot, sans donner de poids. Les sources l’estiment autour de 5 à 7 kg. Il est compact, musclé, avec un dos court, des pattes courtes et une solide ossature. Sa signature, ce sont ses oreilles moyennes, dressées et pointues, qui le distinguent du Norfolk aux oreilles tombantes.
Son poil est dur, de type fil de fer, droit et couché contre le corps, avec un sous-poil épais. Il forme une collerette plus longue autour du cou. Le standard admet toutes les nuances de rouge, le froment, le noir et feu et le grisonné. Les marques blanches ne sont pas souhaitées. On le confond souvent avec le Cairn terrier.
Caractère
Le standard FCI le décrit comme aimable, peu querelleur, très actif, gai et intrépide. C’est un vrai petit terrier, vif et curieux, mais sans l’humeur bagarreuse de certains cousins. Affectueux et joueur, il s’attache beaucoup à sa famille et apprécie les enfants qui le respectent. Il est en général sociable avec les autres chiens et les inconnus. Vigilant, il signale les bruits suspects, sans aboyer pour un rien.
Il garde toutefois l’instinct du chasseur de rats. Les petits animaux, et parfois les chats du voisinage, peuvent déclencher une poursuite, d’où l’intérêt de le présenter tôt aux chats de la maison. Il aime aussi creuser. Certains peuvent se montrer possessifs avec leur gamelle, un point à travailler calmement dès le plus jeune âge. Surtout, il supporte mal la solitude prolongée : il convient à une famille ou à une personne seule, à condition qu’il soit souvent accompagné.
Santé
Le Norwich terrier est robuste dans l’ensemble, et une étude britannique lui attribue une espérance de vie moyenne de 14 ans. Plusieurs points sont pourtant à connaître. Le plus spécifique est un syndrome d’obstruction des voies respiratoires supérieures, propre à la race et différent de celui des chiens à face plate : il touche le larynx et peut, dans les formes graves, causer des lésions irréversibles. Une variante du gène ADAMTS3 y a été associée en 2019. Demandez à l’éleveur les résultats d’examens des parents, notamment des laryngoscopies.
Une grande étude américaine a montré que le shunt porto-systémique, une anomalie de la circulation du foie, touche nettement plus souvent cette race que les chiens croisés. La cataracte est aussi un peu plus fréquente, et certaines lignées présentent des crises d’épilepsie, en recul grâce à la sélection. Enfin, les mises bas sont souvent difficiles : selon les enquêtes, plus d’un tiers à plus de la moitié des femelles ont besoin d’une césarienne, ce qui explique en partie la rareté de la race.
Entretien et toilettage
Son poil dur demande un entretien régulier mais simple. Brossez-le souvent et retirez les poils morts environ toutes les deux semaines, au peigne puis à la main ou au couteau, dans le sens de la pousse. C’est une race dite à épiler : retirer ainsi le sous-poil mort n’est pas douloureux pour le chien. Bien entretenu, il perd peu de poils, sans garantie pour les allergiques. Le toilettage doit rester naturel, pour garder son aspect rustique.
Vérifiez aussi les griffes, que les petits chiens usent peu, et raccourcissez-les si besoin. Côté activité, il n’exige pas de longues sorties sportives, mais il aime se promener, mettre la truffe au sol et jouer. Ses pattes courtes le rendent peu adapté au jogging ou au vélo. Il vit bien en appartement s’il sort chaque jour. Si vous avez un jardin, vérifiez la clôture : c’est un fouilleur qui sait creuser.
Éducation
Le Norwich terrier est réputé facile à vivre, même pour un premier chien, à condition de rester cohérent. Il a du caractère et peut se montrer têtu : les séances courtes, ludiques et récompensées fonctionnent bien mieux que la répétition ou les remontrances. Les cours pour chiots puis une école d’éducation qui connaît les terriers sont une bonne idée. Socialisez-le tôt avec des chiens, des chats, des enfants et des lieux variés.
Le point à travailler en priorité est le rappel. Son instinct de chasse peut l’emporter face à un écureuil ou un rat, et le petit chien file alors sans écouter. Entraînez le rappel avec de fortes récompenses, d’abord en lieu clos ou avec une longe, avant de le lâcher. Apprenez-lui aussi, en douceur, à rester seul de courts moments, en allongeant progressivement la durée. Il apprécie les activités partagées : pistage, obéissance ou agility adaptée aux petits gabarits lui permettent de se dépenser avec vous.
Vos questions sur le Norwich terrier
Quelle différence entre Norwich et Norfolk terrier ?
Les deux races ont une origine commune et ont été séparées en 1964. La différence visible tient surtout aux oreilles : dressées et pointues chez le Norwich, tombantes chez le Norfolk.
Le Norwich terrier peut-il vivre avec un chat ?
Oui, le plus souvent, s’il grandit avec lui ou lui est présenté tôt et calmement. Ancien chasseur de rats, il peut en revanche poursuivre les chats qu’il ne connaît pas.
Que faut-il demander à l’éleveur ?
Les résultats de santé des parents, en particulier les examens des voies respiratoires (laryngoscopie). Un éleveur sérieux vous les fournit par écrit.
Comment s’entretient son poil dur ?
Par épilation : on retire régulièrement les poils morts à la main ou au couteau, dans le sens de la pousse, environ toutes les deux semaines. Ce n’est pas douloureux et cela limite la perte de poils dans la maison.
Peut-il rester seul la journée ?
Il le vit mal. C’est un chien très attaché à ses humains, qui convient mieux à un foyer où il est souvent accompagné. La solitude s’apprend progressivement, en commençant par de courtes absences.