Origines
Le Jämthund doit son nom au Jämtland, une province du centre de la Suède. Selon le club canin suédois (SKK), ces grands spitz de chasse seraient arrivés en Scandinavie avec des peuples de chasseurs il y a des milliers d’années. Quand la Norvège fixe en 1877 le nom et le standard de l’Elkhound gris, le grand type du Jämtland n’y correspond pas, notamment par sa taille. Pendant des décennies, les deux types sont pourtant jugés comme une seule race.
Le débat agite la Suède dans les années 1930, jusque dans la presse nationale. En 1946, le SKK reconnaît enfin le Jämthund comme une race distincte, en grande partie grâce au travail d’Aksel Lindström. Il est aujourd’hui l’une des races les plus répandues en Suède. Il chasse surtout l’élan, mais aussi l’ours et le sanglier, et il a autrefois servi contre le loup et le lynx. Il travaille en suivant la bête puis en l’immobilisant par un aboiement puissant et prolongé, jusqu’à l’arrivée du chasseur.
Caractéristiques physiques
C’est un grand spitz nordique, solide et puissant, plus haut que l’Elkhound norvégien gris. Le standard FCI demande 57 à 65 cm au garrot pour les mâles, avec un idéal de 61 cm, et 52 à 60 cm pour les femelles, avec un idéal de 56 cm. Il ne fixe pas de poids, qui tourne autour de 30 à 35 kg pour les mâles et 25 à 30 kg pour les femelles d’après Wikipédia.
La robe est gris clair ou gris foncé, avec des marques gris clair ou crème typiques sur les côtés du museau, les joues, la gorge, le poitrail, le ventre, les membres et sous la queue. Le poil de couverture est dur et plaqué, sur un sous-poil court, doux et clair, de préférence crème. Les oreilles sont dressées et pointues, les yeux bruns, et la queue est portée enroulée sur le dos.
Caractère
Le standard le résume en quelques mots : courageux et énergique, mais calme et posé. Le SKK le décrit comme sûr de lui, fier et fiable, avec un bon caractère en famille. Il passe assez facilement du mode chasse à la vie de maison, où il se montre affectueux et équilibré avec les siens. Avec les inconnus, il reste plutôt réservé, sans être agressif.
Son instinct de chasse est en revanche très marqué. Un chat, un chevreuil ou un lièvre peuvent déclencher une poursuite, et il peut se montrer affirmé avec les autres chiens. Il convient donc mieux à une famille active, à la campagne, qui a déjà l’expérience des chiens de type spitz et qui pourra lui offrir de vraies occupations.
Santé
Le Jämthund est un chien de travail rustique, sélectionné pour chasser longtemps dans le froid et la forêt. Les données de santé publiées sur la race restent toutefois rares, surtout en dehors de la Suède. Hundeo signale des problèmes articulaires possibles, en particulier avec l’âge ou chez un jeune chien trop sollicité, ainsi que des irritations de peau et des parasites à surveiller dans son pelage épais. Demandez à l’éleveur les résultats de dépistage de la dysplasie des parents.
Pour protéger ses articulations, évitez les efforts intenses et les longs footings tant que sa croissance n’est pas terminée. Son espérance de vie est donnée autour de 12 à 14 ans. Comme beaucoup de chiens nordiques au sous-poil dense, il supporte bien mieux le froid que les fortes chaleurs : en été, promenez-le tôt le matin ou le soir.
Entretien et toilettage
Son pelage est facile à vivre. Un bon brossage par semaine suffit le plus souvent, mais pendant les mues, le sous-poil tombe en grande quantité et un brossage presque quotidien devient nécessaire. Comptez une perte de poils modérée le reste de l’année. Les bains peuvent rester rares. Vérifiez régulièrement oreilles, griffes et peau, surtout après une sortie en forêt.
Le vrai sujet, c’est l’activité. Hundeo recommande au moins une heure et demie de promenade par jour, avec du jeu et de la stimulation mentale. Pistage, randonnée ou canicross sont de bonnes options. Un jardin bien clôturé est très utile, car un Jämthund qui s’ennuie peut devenir bruyant ou destructeur, et la vie en appartement lui convient mal.
Éducation
Le Jämthund est intelligent et apprend volontiers, mais c’est un chien indépendant, habitué à travailler loin de son maître. Misez sur le renforcement positif, des règles claires, des séances courtes et beaucoup de patience. La socialisation doit commencer très tôt : rencontres avec d’autres chiens, des enfants, des inconnus et des environnements variés.
Le rappel demande un travail régulier et reste fragile face au gibier. Hors des zones sûres, une longe est souvent plus prudente qu’une liberté totale. Travaillez aussi le calme et le silence, car il a été sélectionné pour aboyer longtemps. Si vous n’êtes pas chasseur, proposez-lui des activités de flair ou de pistage, qui répondent à ses besoins de chien de travail.