Origines
Le Chien esquimau canadien, appelé qimmiq par les Inuits, est une race aborigène de l’Arctique canadien. Selon le standard FCI, il a 1 100 à 2 000 ans d’histoire liée à la culture de Thulé. Il servait à tirer les traîneaux, à porter des charges en été et à chasser le phoque, le bœuf musqué et l’ours polaire.
Wikipédia estime à environ 20 000 le nombre de ces chiens dans l’Arctique canadien dans les années 1920. La motoneige, les maladies et les abattages de chiens de traîneau par la Gendarmerie royale entre 1950 et 1970 ont fait chuter la population. En 1972, la Fondation pour la recherche sur le chien esquimau rachète une partie des quelque 200 chiens restants pour relancer la race. La FCI l’a reconnu à titre définitif en 1959. Une estimation de 2008 ne comptait encore qu’environ 300 chiens de race pure.
Caractéristiques physiques
C’est un chien nordique puissant et bien musclé. Le standard FCI fixe la hauteur au garrot à 58 à 70 cm et le poids à 30 à 40 kg pour les mâles, contre 50 à 60 cm et 18 à 30 kg pour les femelles. La différence entre sexes est donc nette.
Sa robe épaisse associe un poil de couverture dur, de 7 à 15 cm selon le Club Canin Canadien, à un sous-poil très dense. Les mâles portent une crinière sur le cou et les épaules. Aucune couleur ne domine : blanc complet, blanc avec marques rousses, chamois, grises ou noires, bicolore, gris argent ou sous-poil chamois sous un poil noir. Les yeux bleus, les oreilles tombantes, la queue non enroulée chez le mâle et toute coupe de la robe aux ciseaux sont éliminatoires.
Caractère
Le standard décrit un chien doux et affectueux envers son maître une fois adulte, rarement réservé avec les étrangers. Il a un fort instinct de meute et réagit très vivement aux stimulations. Le Club Canin Canadien précise qu’il ne doit pas être vu comme un chien de compagnie ordinaire, et le standard le juge plus adapté à un adulte qu’à un enfant.
Wikipédia le dit loyal, courageux, intelligent et alerte, avec un lien très fort à son maître. Son instinct de prédation dépasse celui de nombreuses races. Il est très vocal et s’exprime surtout par des hurlements plutôt que des aboiements. Il aime le froid et préfère souvent dormir dehors en hiver.
Santé
Les données de santé publiées sur cette race restent limitées. Purina la décrit comme robuste, avec peu de problèmes propres à la race. Conseils Animaux signale néanmoins la dysplasie de la hanche et des troubles oculaires comme la cataracte et l’entropion. Demandez à l’éleveur un dépistage des parents.
Son point faible principal est la chaleur. Sa fourrure épaisse le rend sensible au coup de chaleur, et plusieurs sources déconseillent les efforts par temps chaud. En été, prévoyez de l’ombre, de l’eau fraîche et des sorties tôt le matin ou tard le soir. L’espérance de vie varie selon les sources, environ 12 à 13 ans pour Dog Breed Info, 12 à 15 ans pour Conseils Animaux.
Entretien et toilettage
Sa robe mue abondamment, une fois par an selon le standard canadien, souvent vers août ou septembre, et deux fois par an selon d’autres sources. Pendant la mue, un brossage quotidien est nécessaire pour retirer le sous-poil. Le reste de l’année, un brossage régulier suffit. Le standard interdit toute tonte ou coupe aux ciseaux : sa fourrure le protège.
Ses besoins d’activité sont énormes, au moins deux heures par jour selon Purina. Traîneau, canicross et longues randonnées lui conviennent. Il lui faut un grand terrain avec une clôture haute, enterrée à la base car il peut creuser. L’appartement et les climats chauds ne lui conviennent pas.
Éducation
Intelligent mais doté d’une forte volonté, il obéit surtout quand il comprend l’intérêt de la demande. L’éducation demande patience, constance et une bonne connaissance des chiens nordiques. Le renforcement positif, des règles claires et des séances courtes donnent les meilleurs résultats.
Socialisez-le très tôt avec des personnes, des chiens et des situations variées. Son instinct de prédation le rend peu compatible avec les chats, les volailles et les petits animaux. Il s’ennuie vite et supporte mal la solitude : sans activité physique et mentale, il peut devenir très destructeur. Les interactions avec de jeunes enfants doivent toujours se faire sous la surveillance d’un adulte.
Vos questions sur le Chien esquimau canadien
Le Chien esquimau canadien est-il un loup domestiqué ?
Non. Des explorateurs l’ont cru, mais les analyses génétiques citées par Wikipédia ne montrent aucune ascendance récente de loup.
Peut-il vivre en France ?
Oui, mais la race y est très rare et la chaleur estivale est un vrai problème. Il lui faut une région fraîche ou un aménagement soigné : ombre, sorties aux heures fraîches, aucun effort par temps chaud.
Est-il adapté à une famille avec enfants ?
Le standard le considère plutôt comme un compagnon d’adulte. Avec des enfants, la surveillance doit être constante et le chien doit avoir été bien socialisé.
Aboie-t-il beaucoup ?
Il est très vocal, mais son cri naturel est plutôt le hurlement que l’aboiement, selon le Club Canin Canadien. Cela peut gêner le voisinage.
Pourquoi est-il si rare ?
La population s’est effondrée au XXe siècle avec la motoneige, les maladies et les abattages de chiens de traîneau. Il ne restait qu’environ 200 chiens dans les années 1970, et la race est encore considérée comme menacée.