Origines
Le Chien du Groenland compte parmi les plus anciennes races du monde. Selon le standard FCI, il a toujours été le seul chien de traîneau des Inuits, sélectionné pour sa force, sa robustesse et son endurance. Des études génétiques montrent qu’il descend des chiens amenés de Sibérie par le peuple de Thulé il y a environ 1 000 ans, et qu’il est resté isolé des autres races depuis. Sa lignée remonte à des restes de chiens d’environ 9 500 ans retrouvés sur l’île Jokhov, en Sibérie. Une étude de 2015 conclut qu’il s’agit du même chien que le Chien esquimau canadien.
Il servait au traîneau, au transport de charges et à la chasse au phoque et à l’ours polaire. Roald Amundsen a utilisé ces chiens lors de l’expédition qui l’a mené le premier au pôle Sud. Le Kennel Club l’a reconnu dès sa création en 1880. Au Groenland, la population est passée d’environ 15 000 chiens en 2016 à 12 000 en 2021.
Caractéristiques physiques
Le standard décrit un spitz polaire très robuste, bâti pour l’endurance et le dur travail de traîneau en conditions arctiques. Les mâles mesurent au moins 60 cm au garrot et les femelles au moins 55 cm. Une certaine variabilité de taille est admise tant qu’elle ne nuit ni à l’harmonie ni à la capacité de travail. Le standard ne fixe pas de poids, la plupart des sources donnant environ 30 à 32 kg. Ses membres sont forts et musclés, et sa queue épaisse et touffue est portée en arc ou légèrement enroulée.
Il porte une double robe : un sous-poil doux et épais, et un poil de couverture raide et droit, sans boucles ni ondulations, plus court sur la tête et les membres que sur le corps. Ce poil hydrofuge et la fourrure de ses oreilles le protègent des gelures. Toutes les couleurs sont admises, unies ou associées, sauf l’albinisme et la robe merle, éliminatoires.
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Caractère
Le standard le décrit comme énergique, mentalement fort et hardi, un chien de traîneau passionné et infatigable. Il est amical avec les humains, y compris les étrangers, et ne s’attache pas à une seule personne. Résultat : il n’a pas les qualités d’un chien de garde. Il aboie peu, mais il hurle volontiers. Indépendant et parfois têtu, il montre son affection avec une certaine réserve.
Il vit bien en groupe et apprécie la compagnie de ses congénères. Zooplus conseille même d’en avoir au moins deux, car il supporte mal la solitude. Son instinct de chasse est très développé : le standard le mentionne envers le phoque et l’ours blanc, et il doit être bien contrôlé en promenade, notamment près des autres animaux. Sans assez d’activité physique et mentale, il se défoule sur le jardin ou le mobilier. Ce n’est pas un chien conseillé pour un premier propriétaire ni pour une famille avec de très jeunes enfants.
Santé
Le Chien du Groenland est une race rustique, qui compte peu de maladies héréditaires connues. Le principal point à vérifier chez l’éleveur est le dépistage de la dysplasie de la hanche chez les parents. Les problèmes articulaires ne sont pas rares chez les chiens soumis à un travail intensif. Le risque de torsion de l’estomac existe aussi : respectez un temps de repos après les repas, surtout avant un effort de traction.
Son grand point faible est la chaleur. Taillé pour l’Arctique, il la supporte très mal : zooplus recommande de limiter l’effort dès que la température dépasse 15 °C. En été, sortez-le uniquement aux heures fraîches et laissez-lui de l’ombre et de l’eau. Une alimentation adaptée à son niveau d’activité est importante, car un régime mal équilibré peut entraîner des carences. Des contrôles vétérinaires réguliers complètent le suivi. Son espérance de vie est d’environ 12 à 14 ans.
Entretien et toilettage
Sa robe dense demande un brossage régulier avec un peigne à larges dents, et un entretien quotidien pendant la mue, période où il perd énormément de poils. Laissez sécher la boue avant de la brosser, et évitez les bains, qui ne sont presque jamais nécessaires. Vérifiez les griffes, les yeux et les oreilles, et habituez-le dès son plus jeune âge au brossage des dents.
Son vrai besoin, c’est l’effort. Il lui faut au moins deux heures d’activité par jour. L’idéal reste le traîneau, mais le canicross, la traction de chariot et les longues balades en forêt sont de bonnes alternatives, à pratiquer par temps frais. Il n’est pas fait pour la vie en appartement ni en ville, et pas davantage pour les régions chaudes. Un grand terrain très bien clôturé est indispensable, pour contenir ce chasseur. Il vit mieux avec un autre chien.
Éducation
Son éducation demande de l’expérience, de la patience et beaucoup de cohérence. Indépendant, il teste souvent les limites et n’obéit pas pour faire plaisir. Fixez des règles claires et stables, appliquées par tous, et misez sur la motivation : récompenses, jeu et surtout activités de traction, qu’il adore. La brutalité est à proscrire, elle ne ferait que dégrader votre relation.
Socialisez-le très tôt avec les petits animaux, sans jamais compter sur une cohabitation sûre avec les chats ou les volailles. Le rappel restera fragile face à une proie : gardez-le en longe ou en harnais hors des zones clôturées. Habituez-le progressivement à rester calme seul, ou mieux, avec un congénère. Zooplus recommande une école canine qui connaît les races nordiques, et les clubs de mushing ou de canicross sont un excellent lieu pour apprendre à canaliser son énergie et ses aptitudes naturelles.
Vos questions sur le Chien du Groenland
Le Chien du Groenland peut-il vivre en France ?
Oui, mais à condition de lui éviter la chaleur. Il est déconseillé dans les régions chaudes et l’effort doit être limité au-delà de 15 °C environ. Il lui faut un grand terrain clôturé et beaucoup d’activité.
Quelle différence avec le Husky de Sibérie ?
Ce sont deux races distinctes. Des études génétiques montrent que le Chien du Groenland diffère du Husky de Sibérie, du Husky d’Alaska et du Malamute. Au Groenland, il est surtout apprécié pour sa force et sa vitesse.
Est-ce un bon chien de garde ?
Non. Le standard précise qu’il est amical avec les étrangers et ne s’attache pas à une personne en particulier, il n’a donc pas les qualités d’un gardien.
Faut-il en avoir deux ?
C’est souvent conseillé. C’est un chien de meute, qui apprécie la compagnie de ses congénères et supporte mal de rester seul.
Aboie-t-il beaucoup ?
Il aboie peu, mais il hurle volontiers, ce qui peut gêner le voisinage.