Origines
Le Chien de Canaan descend des chiens parias semi-sauvages présents au Proche-Orient depuis l’époque biblique. Les Bédouins du Néguev utilisaient ces chiens pour garder les camps et les troupeaux. Dans les années 1930, la cynologue autrichienne Rudolphina Menzel, installée en Palestine en 1934, capture et apprivoise une sélection de ces chiens. Elle lance un programme d’élevage qui fournit des chiens de travail à l’armée, puis forme des chiens guides d’aveugles. Elle rédige le standard et donne à la race le nom de la terre biblique de Canaan.
Le Kennel Club d’Israël reconnaît la race en 1953, et la FCI en 1966, dans le groupe 5, section 6 (type primitif). Après la mort de Menzel en 1973, des éleveuses comme Myrna Shiboleth poursuivent la sélection en intégrant des chiens bédouins. La race reste rare : on estimait en 2012 qu’il existait seulement 2 000 à 3 000 Chiens de Canaan dans le monde. C’est le chien national d’Israël.
Caractéristiques physiques
C’est un chien de taille moyenne, bien proportionné et de construction carrée, avec une allure de type spitz. Le standard FCI fixe une taille de 50 à 60 cm au garrot pour un poids de 18 à 25 kg, les mâles pouvant être nettement plus grands que les femelles. La tête est en forme de coin, les oreilles sont dressées et attachées bas, les yeux en amande brun foncé. La queue touffue se recourbe sur le dos quand il est en alerte.
Le poil de couverture est serré, dur et droit, court ou de longueur moyenne, avec un sous-poil abondant qui s’épaissit en hiver. Les couleurs admises vont du sable au rouge-brun, en passant par le blanc, le noir ou le panaché, avec ou sans masque. Les teintes les plus typiques rappellent le sable du désert, le doré, le rouge ou le crème. Le gris, le bringé, le noir et feu et le tricolore ne sont pas admis.
Caractère
Le standard décrit un chien vif, rapide dans ses réactions et méfiant envers les étrangers. Il est très vigilant envers les humains comme envers les animaux, sans être agressif de nature. Avec sa famille, il est affectueux, joueur et très dévoué. C’est un gardien naturel qui aboie volontiers pour signaler ce qui se passe autour de la maison. Il s’entend en général bien avec les animaux du foyer.
Héritier de chiens qui devaient survivre seuls, il garde un instinct de prudence et de fuite marqué, et une vraie indépendance. Il n’obéit pas aveuglément mais coopère volontiers une fois la confiance installée. Il tolère les enfants s’ils respectent son besoin de calme, et il apprécie d’avoir un coin à lui pour se retirer. Il supporte mal la solitude prolongée.
Santé
Le Chien de Canaan est une race globalement robuste, sans maladie typique très répandue. Il peut toutefois être touché par la dysplasie de la hanche, la dysplasie du coude ou la luxation de la rotule. Plus rarement, on signale une atrophie progressive de la rétine, qui peut mener à la cécité, et chez le mâle une ectopie testiculaire, c’est-à-dire un testicule qui ne descend pas.
Avant d’acheter un chiot, demandez à l’éleveur les résultats de dépistage des parents pour les hanches et les coudes, ainsi qu’un examen des yeux. Ces affections ne concernent pas tous les chiens, mais le dépistage reste la meilleure garantie. Avec une alimentation adaptée et une activité suffisante, son espérance de vie est bonne, de l’ordre de 12 à 15 ans.
Entretien et toilettage
Son poil dense est naturellement propre et peu exigeant. En temps normal, un brossage une à deux fois par semaine suffit. Il mue en revanche abondamment deux fois par an, au printemps et à l’automne : pendant ces périodes, brossez-le chaque jour pour retirer le sous-poil. Pensez aussi à nettoyer les yeux et les oreilles chaque semaine, à couper les griffes si besoin et à brosser les dents plusieurs fois par semaine.
Rustique, il préfère la vie à la campagne. En ville, il lui faut de longues promenades. Comptez au moins une heure d’activité physique par jour, et donnez-lui des occupations, car c’est un chien qui aime avoir une tâche. Il peut pratiquer l’agility, l’obéissance, le canicross, le pistage ou le mantrailing.
Éducation
Intelligent et désireux de bien faire avec son maître, le Chien de Canaan apprend facilement, mais il se lasse vite des exercices répétitifs. Alternez de courtes séances d’apprentissage et des moments de jeu, et récompensez généreusement. Une éducation douce, cohérente et patiente lui convient bien, la brusquerie ne fait que renforcer sa méfiance. Le standard FCI le décrit d’ailleurs comme facile à éduquer, à condition de respecter son rythme.
La socialisation est la clé de cette race. Dès les premières semaines, faites-lui rencontrer calmement des personnes variées, des enfants, d’autres chiens, des lieux et des bruits nouveaux. Sans cela, sa méfiance naturelle peut devenir de la crainte. Un adulte peu socialisé a souvent du mal à s’adapter à un nouveau foyer, c’est pourquoi le choix d’un éleveur qui socialise bien ses chiots compte beaucoup.