Origines
Le Brachet de Styrie à poil dur est né en Autriche à la fin du XIXe siècle. Selon le standard FCI, c’est en 1870 que Carl Peintinger, industriel de Vordernberg en Styrie, lance son élevage. Il croise sa chienne Rouge du Hanovre « Hela I » avec un chien courant d’Istrie à poil dur, remarquable à la fois par son extérieur et ses aptitudes à la chasse. Les meilleurs chiots de cette portée servent de base à la race, d’où son autre nom de Peintinger Bracke.
Il est proche parent du Brachet tyrolien, du Brachet noir et feu et du Chien de rouge de Bavière. On l’emploie surtout en Autriche et en Slovénie pour chasser le sanglier en montagne et rechercher le gibier blessé. La FCI le classe dans le groupe 6 (standard n°62), avec épreuve de travail. Il reste presque inconnu en France.
Caractéristiques physiques
C’est un chien courant de taille moyenne, à la musculature solide. Le standard lui prête une expression sérieuse, sans aucune méchanceté. Les mâles mesurent 47 à 53 cm au garrot et les femelles 45 à 51 cm. Le standard ne fixe pas de poids, les sources indiquent environ 15 à 18 kg.
Son signe distinctif est le poil : rude, dur et rêche, ni hirsute ni brillant. Il est plus court sur la tête, où il forme une petite moustache. Ce poil le protège bien des intempéries et des broussailles. Les couleurs admises sont le rouge et le fauve pâle, une étoile blanche sur le poitrail étant tolérée. Les oreilles sont de longueur moyenne, plates et arrondies au bout.
Caractère
Le standard le décrit comme un chien de chasse passionné et solide, très sûr sur la voie. Il poursuit le gibier en donnant de la voix, y compris en terrain très difficile. Il est indépendant, tenace et parfois têtu, mais affectueux et loyal avec son maître, plus réservé avec les inconnus. Comme les autres brachets autrichiens, il a un excellent sens de l’orientation et sait revenir à son point de départ.
Soyons clairs : ce n’est pas un chien de compagnie au sens classique. Wikipédia rappelle qu’il a été sélectionné pour le travail et qu’il peut devenir destructeur s’il n’est pas assez occupé. Hundeo résume qu’il « ne deviendra jamais un simple chien de compagnie ». Il s’épanouit avec un chasseur ou un propriétaire très sportif, et il supporte mal la solitude prolongée.
Santé
Le Brachet de Styrie est réputé robuste et peu sensible aux écarts de température. Wikipédia attribue cette bonne santé en partie aux croisements de retrempe pratiqués dans la race. Aucune maladie héréditaire propre à la race n’est décrite dans les sources consultées, mais les données de santé publiées restent rares.
Deux points reviennent dans les fiches : les problèmes articulaires, surtout en cas de manque d’exercice ou d’efforts sur des sols inadaptés, et les otites favorisées par les oreilles tombantes. Gardez-le mince pour ménager ses articulations et inspectez oreilles, pattes et pelage après chaque sortie en forêt. Côté espérance de vie, hundeo indique environ 12 ans et zooplus évoque 14 ans ou plus pour l’ensemble des brachets autrichiens.
Entretien et toilettage
Le poil dur demande peu de soins : un brossage régulier suffit, un peu plus soutenu pendant la mue. Il perd peu de poils, sans garantie pour les personnes allergiques. Nettoyez ses oreilles régulièrement, surtout après les sorties humides, et vérifiez qu’aucune épine ou épillet ne s’est glissé dans le poil.
Son besoin d’exercice est très élevé. Prévoyez au moins une heure et demie de sortie par jour, avec du pistage, des jeux de recherche et de longues balades en nature. Une maison avec un terrain solidement clôturé lui convient bien mieux que la ville. Sans chasse, il faut lui proposer de vraies alternatives pour occuper son nez, sinon il risque de s’ennuyer et de fuguer.
Éducation
Intelligent et capable d’apprendre, il demande pourtant de la patience. Son indépendance de chien courant le pousse à prendre ses propres décisions sur une piste. Une éducation cohérente et bienveillante, fondée sur la récompense et commencée tôt, donne les meilleurs résultats. Les méthodes dures sont à proscrire, elles abîment la relation sans rien régler.
Le rappel est le point clé. Son instinct de chasse est fort, il faut donc un enclos bien clôturé et un travail en longe avant toute liberté. Socialisez-le dès le plus jeune âge avec d’autres chiens et des personnes variées. Le pistage et la recherche au sang, pratiqués en club, sont des activités idéales pour lui, car elles répondent exactement à ce pour quoi il a été sélectionné.