Origines
Le Chien de rouge de Bavière, ou Bayerischer Gebirgsschweisshund, descend des anciens chiens courants utilisés pour suivre à la longe le gibier blessé. Au XIXe siècle, la disparition de grandes réserves de chasse et l’arrivée d’armes plus performantes changent la donne. Le chien de rouge de Hanovre, trop lourd pour les reliefs alpins, est croisé avec des chiens plus légers. Après 1870, le baron Karg-Bebenburg fixe ce type allégé, mieux adapté à la montagne. Le club de la race est fondé à Munich en 1912.
Il devient alors le compagnon classique des gardes-chasse et des forestiers de montagne. Son métier, la recherche au sang, consiste à retrouver un animal blessé en suivant une piste parfois vieille de plusieurs heures, au bout d’une longe. Selon l’ANCGG, les chiens doivent aussi savoir signaler le gibier trouvé en haute montagne, en aboyant ou en revenant vers leur conducteur. En France, un club de race existe depuis 1984.
Caractéristiques physiques
C’est un chien de taille moyenne, harmonieux, plutôt léger et très musclé, un peu plus long que haut. Le standard FCI fixe la hauteur au garrot entre 47 et 52 cm pour les mâles et entre 44 et 48 cm pour les femelles, sans aucune tolérance. Le poids idéal va de 20 à 30 kg pour les mâles et de 17 à 25 kg pour les femelles.
Son poil est serré, plat et bien couché, modérément rêche et peu brillant. Il est plus fin sur la tête et les oreilles, plus long et plus rude sur le ventre, les membres et la queue. La robe se décline dans toutes les nuances de fauve, du fauve rouge au fauve sable en passant par le fauve cerf et le fauve gris, parfois bringée ou tiquetée de noir. Le museau et les oreilles sont foncés, et une petite marque claire sur le poitrail est admise.
Caractère
Le standard le décrit comme calme et équilibré, attaché à son maître et réservé avec les étrangers. Il doit être sûr de lui, docile, ni timide ni agressif. En famille, Zooplus le décrit comme affectueux et patient, y compris avec les enfants, à condition que ses besoins d’activité soient comblés. Il n’est en principe ni nerveux ni agressif.
Au travail, il se transforme en pisteur tenace et concentré, qui ne lâche pas une piste. C’est ce qui fait sa valeur, mais aussi ce qui le rend exigeant au quotidien. Il n’est pas fait pour être uniquement un chien de compagnie. Sans travail de flair régulier, ce chien très motivé risque de s’ennuyer et de chercher ses propres occupations. Il vit en général bien avec les autres chiens, mais son instinct de chasse impose de la vigilance avec les petits animaux et en promenade.
Santé
Les règles d’élevage strictes, avec des épreuves de travail obligatoires pour les reproducteurs, ont contribué à une race réputée robuste. Une étude de 2009 a relevé un taux de consanguinité de 4,5 % chez les chiens inscrits entre 1992 et 2004, le plus faible des trois races de chiens de rouge étudiées. Zooplus cite principalement la dysplasie de la hanche, dont le dépistage chez les parents est un bon critère de choix d’un éleveur.
Le standard classe parmi les défauts éliminatoires l’entropion et l’ectropion, deux anomalies des paupières. Pour limiter le risque de torsion d’estomac, laissez-le se reposer après le repas, sans jeu ni longue promenade juste après. Inspectez aussi régulièrement sa peau et ses pattes après le travail en forêt, à la recherche de blessures et de tiques. Son espérance de vie est d’environ 12 à 13 ans avec de bons soins.
Entretien et toilettage
Côté toilette, il est très simple. Son poil court et lisse se contente d’un brossage occasionnel, un peu plus fréquent pendant la mue. Comme il marche souvent sur sol meuble, ses griffes s’usent peu : contrôlez-les et coupez-les régulièrement. Ses besoins alimentaires sont élevés quand il travaille, avec une ration riche en énergie et en protéines, à ajuster selon l’activité, l’âge et l’état de la chienne.
Son besoin d’activité, lui, est considérable. Il lui faut de longues promenades, mais surtout des défis de flair. Zooplus cite le mantrailing, l’agility, l’obéissance et la recherche de personnes comme pistes possibles pour un chien qui ne chasse pas. Un petit appartement en ville ne lui convient pas. Une maison avec un terrain bien clos, à proximité de la nature, et un maître disponible sont la base.
Éducation
Le Chien de rouge de Bavière est docile et facile à éduquer pour une personne qui connaît les chiens de chasse, mais il demande beaucoup de patience. Préférez des méthodes positives et cohérentes, et construisez une vraie complicité, car le travail de recherche repose entièrement sur le duo chien et conducteur.
Pour la recherche au sang, la formation est spécialisée. Selon l’ANCGG, elle repose sur le travail de pistes froides, d’abord de cerf puis de sanglier, à l’aide de semelles traceuses, et le club français n’utilise pas d’apport de sang pour l’éducation. Le conducteur suit lui aussi un stage pour apprendre à lire les indices. En dehors du travail, socialisez votre chiot tôt avec des personnes et des environnements variés pour atténuer sa réserve, et travaillez le rappel en longe, car une piste fraîche peut l’emporter sur votre voix.