Origines
Le Dogue du Tibet, appelé Do-Khyi dans son pays, est le chien de travail des bergers nomades de l’Himalaya. Il protégeait les troupeaux de chèvres, de yacks et de moutons ainsi que les campements, et gardait aussi les monastères tibétains. Son nom tibétain signifie « chien de porte » ou « chien attaché ». Aristote et Marco Polo l’auraient déjà évoqué.
Les premiers sujets arrivent en Occident au XIXe siècle : deux chiens sont offerts au roi George IV en 1828, puis un mâle à la reine Victoria en 1847. Une portée naît au zoo de Berlin en 1878. À la fin du XXe siècle, la race devient un symbole de prestige en Chine, où un chien s’est vendu plus d’un million d’euros en 2011 avant que le marché ne s’effondre.
Caractéristiques physiques
C’est un grand chien puissant, musclé et bien charpenté, à l’allure grave et fière. Le standard FCI fixe une taille minimale au garrot de 66 cm pour les mâles et 61 cm pour les femelles, sans limite haute. Le poids varie beaucoup selon les sources et les sujets, autour de 36 à 72 kg. Son pelage est dur, épais et droit, jamais soyeux ni bouclé. Il forme une crinière autour du cou et des épaules qui lui donne un air de lion, surtout chez les mâles. La queue est touffue et enroulée sur le dos. Les couleurs admises sont le noir, le bleu, le doré du fauve au rouge et le zibeline, avec ou sans marques feu.
Caractère
Le standard le décrit comme indépendant et protecteur, très loyal envers sa famille et son territoire. Son instinct de garde est naturel : inutile de l’encourager, il faut plutôt apprendre à le canaliser. Il se méfie des inconnus. À la maison, il est calme, voire docile, et n’a pas besoin d’une activité permanente. Il aboie peu sans raison dans la journée, mais il a été sélectionné comme sentinelle de nuit : il est souvent plus éveillé le soir et peut aboyer aux bruits nocturnes, ce qui compte si vous avez des voisins proches. Avec les enfants, il est souvent tolérant, mais vu son gabarit, il ne doit jamais rester seul avec de jeunes enfants.
Santé
La race est considérée comme assez robuste, avec moins de problèmes génétiques que beaucoup d’autres. Les affections les plus citées sont la dysplasie de la hanche et du coude, fréquentes chez les grands chiens, d’où l’intérêt d’une croissance bien gérée et d’un exercice modéré pendant les premiers mois. L’hypothyroïdie est aussi signalée, tout comme des problèmes de paupières (entropion, ectropion). Comme tous les molosses, il est exposé au retournement d’estomac : donnez deux repas par jour plutôt qu’une grosse ration. Attention aux élevages de masse apparus avec la mode chinoise, qui ont produit des chiens très consanguins et fragiles. Son espérance de vie tourne autour de 10 à 12 ans.
Entretien et toilettage
Malgré son épaisse fourrure, son entretien reste raisonnable. Comptez deux à trois brossages par semaine avec une brosse adaptée aux poils longs et denses. Pendant la grande mue de fin d’hiver ou de printemps, le sous-poil tombe en grande quantité et il faut le brosser chaque jour. Les bains fréquents sont inutiles et peuvent abîmer le poil. Contrôlez les oreilles et les dents chaque semaine et coupez les griffes une à deux fois par mois si elles ne s’usent pas. Côté exercice, ses besoins sont modérés : des promenades courtes et des jeux calmes suffisent. En revanche, il aime passer du temps dehors et un grand jardin bien clôturé lui convient beaucoup mieux qu’un appartement.
Éducation
Ce chien intelligent réfléchit avant d’obéir. N’attendez pas une obéissance aveugle : il faut obtenir sa coopération par un lien solide avec son maître principal. L’éducation doit être ferme, cohérente et bienveillante, avec des séances courtes et variées, car la répétition l’ennuie et le rend têtu. La socialisation est la priorité : habituez-le très tôt aux visiteurs, aux autres animaux et aux situations variées, pour poser des limites à son instinct de protection. Évitez de le surmener pendant sa croissance, surtout les premiers mois. Soyez patient : sa croissance peut durer jusqu’à trois ans chez la femelle et quatre ans chez le mâle, et sa maturité mentale n’arrive parfois que vers quatre ans. Il est déconseillé aux débutants.
Vos questions sur le Dogue du Tibet
Le Dogue du Tibet aboie-t-il beaucoup ?
Il aboie peu sans raison en journée, mais c’est une ancienne sentinelle de nuit. Il est souvent plus alerte le soir et peut aboyer aux bruits nocturnes, il vaut donc mieux ne pas le laisser dehors toute la nuit si vous avez des voisins proches.
Combien de temps met-il à devenir adulte ?
Sa croissance est lente : elle peut durer jusqu’à trois ans chez la femelle et quatre ans chez le mâle. Il faut donc rester patient et éviter les efforts trop intenses pendant cette période.
Est-il fait pour la vie en appartement ?
Non, il est peu adapté à l’appartement. Il a besoin d’espace et apprécie de passer du temps à l’extérieur, idéalement dans un grand jardin solidement clôturé.
Pourquoi le Dogue du Tibet a-t-il été si cher ?
En Chine, il est devenu un symbole de prestige à la fin du XXe siècle, et un chien de 11 mois s’est vendu plus d’un million d’euros en 2011. Le marché s’est ensuite effondré. En France, un chiot coûte généralement entre 1 500 et 3 000 €.
Combien de fois faut-il le brosser ?
Deux à trois fois par semaine en temps normal, et tous les jours pendant la mue de printemps, quand il perd beaucoup de sous-poil. Les bains sont rarement nécessaires.