Origines
Au début du XIXe siècle, la Finlande comptait, à côté de ses chiens locaux, de nombreux chiens courants proches des races européennes. En 1889, des chasseurs fondent le Kennel Club finlandais avec un objectif : créer un chien courant adapté au pays, à ses forêts vallonnées et à sa neige profonde. Les chiens importés de Russie, de Suède ou d’Angleterre ne leur conviennent pas, ils sélectionnent donc des chiens finlandais existants, avec des apports de chiens courants français, allemands et suédois.
Les premiers critères de race sont fixés en 1893 et le premier standard est rédigé en 1932. D’abord voulu roux, le chien devient tricolore face à la forte présence du manteau noir. Depuis 1937, un grand championnat annuel désigne le roi de la chasse. La race est l’une des plus populaires de Finlande : en 2013, elle arrivait deuxième des inscriptions, juste derrière le Labrador.
Caractéristiques physiques
C’est un chien courant de taille moyenne, nettement plus long que haut, solide sans être lourd. Le standard FCI fixe 55 à 61 cm au garrot pour les mâles, avec un idéal de 57 à 59 cm, et 52 à 58 cm pour les femelles, avec un idéal de 54 à 56 cm. Il ne donne pas de poids, qui tourne autour de 20 à 25 kg d’après Wikipédia.
La robe est tricolore : un manteau noir, un feu intense sur la tête, le ventre, les épaules, les cuisses et une partie des membres, et des marques blanches habituelles sur la tête, le cou, le poitrail, le bas des membres et le bout de la queue. Le poil de couverture est de longueur moyenne, couché et plutôt rude, sur un sous-poil court, serré et doux. Les oreilles sont tombantes et les yeux brun foncé.
Caractère
Le standard le décrit comme calme, énergique et amical, jamais agressif. À la maison, c’est un chien doux et plutôt facile, qui s’entend en général bien avec les enfants. Le club canin suédois précise qu’il aboie et garde peu, voire pas du tout, chez lui : ce n’est donc pas un chien de garde. Il supporte en revanche mal une solitude prolongée.
Dehors, c’est une autre histoire. Il a été sélectionné pour chasser seul, loin du chasseur, en suivant la voie du lièvre ou du renard et en donnant de la voix. Son instinct de chasse est très fort, il a tendance à fuguer sur une piste et cohabite difficilement avec les chats. Le SKK note d’ailleurs que sa passion de la chasse le rend plus adapté au travail qu’à une vie de pur chien de compagnie.
Santé
La race est robuste et suivie de près, avec des recherches universitaires menées avec le club finlandais. La maladie la plus connue est l’ataxie cérébelleuse, une affection héréditaire qui peut apparaître dès 3 mois, avec tremblements et perte de coordination. Elle est liée à une mutation du gène SEL1L, et un test génétique permet d’éviter d’accoupler deux porteurs : exigez-le chez les parents.
Sont aussi signalés la cardiomyopathie, le lymphome, la dysplasie folliculaire du poil noir, la dermatite atopique et la dysplasie de la hanche, suivie par un indice en Finlande. Ses oreilles tombantes favorisent les otites. Il supporte bien le froid, moins la chaleur, et a tendance à grossir quand il chasse moins. L’espérance de vie est donnée autour de 11 à 13 ans.
Entretien et toilettage
Son poil court et dense s’entretient facilement : un brossage par semaine avec une brosse à poils raides ou un gant suffit, un peu plus pendant la mue. Les bains peuvent rester rares. Inspectez et nettoyez ses oreilles régulièrement, car leur forme favorise l’humidité. Vérifiez aussi pattes et coussinets après les sorties en forêt.
Son besoin d’activité est élevé. Il lui faut de longues promenades quotidiennes et, surtout, des occasions d’utiliser son nez. Le pistage, la recherche d’objets ou le mantrailing sont de bonnes alternatives à la chasse. Un jardin solidement clôturé est indispensable, car il suit une piste sans se retourner. Surveillez sa ligne s’il ne chasse plus.
Éducation
Le Chien courant finlandais a besoin de peu d’apprentissage pour chasser, mais l’obéissance est une autre affaire. Indépendant et parfois têtu, il se lasse vite des exercices répétitifs. Privilégiez des séances courtes, ludiques, avec des récompenses motivantes, et des routines stables. Commencez la socialisation et l’éducation très tôt.
Le rappel est le point délicat : une fois sur une voie, il ne vous entend plus. Hors des zones sûres, gardez-le en longe. Habituez-le aussi à rester seul progressivement, par de courtes absences. Si vous n’êtes pas chasseur, demandez-vous honnêtement si vous pourrez lui offrir assez de travail de flair, car c’est la clé de son équilibre.
Vos questions sur le Chien courant finlandais (Suomenajokoira)
Le Chien courant finlandais est-il un bon chien de garde ?
Non. Selon le club canin suédois, il aboie et garde peu, voire pas du tout, à la maison. Il réserve sa voix à la chasse.
Peut-il vivre avec un chat ?
C’est difficile. Sélectionné pour poursuivre le lièvre et le renard, il cohabite mal avec les chats. Une cohabitation n’est envisageable qu’avec un chiot élevé avec le chat, sans garantie.
Chasse-t-il en meute ?
Non, il est sélectionné pour travailler seul et de façon indépendante, en suivant la voie du gibier et en donnant de la voix pour signaler sa position au chasseur.
Qu’est-ce que l’ataxie cérébelleuse ?
C’est une maladie héréditaire du cervelet qui peut apparaître dès 3 mois, avec tremblements et troubles de la coordination. Un test génétique permet d’éviter d’accoupler deux porteurs.
Peut-on l’adopter sans être chasseur ?
Oui, mais il faudra lui offrir beaucoup de sorties et des activités de flair régulières, comme le pistage ou le mantrailing. Sans cela, il risque de s’ennuyer.